Fermeture de l’abri de nuit: Quid des personnes dans la précarité ?

Fermeture de l’abri de nuit: Quid des personnes dans la précarité ?

Interpellation des autorités communales, 7.04.2020 |

Comme tous les autres groupes politiques de Mouscron, nous avons été interpellés par le Collectif Droit au Logement (DAL) de Mouscron-Estaimpuis-Pecq.

Nous avons pris acte des mesures de restriction des déplacements et le confinement liés à la crise du Covid-19. On attire notre attention sur le fait que la mesure fédérale de confinement s’adresse à celui ou celle qui a un « chez soi ». Quid des personnes dans la précarité et qui vivent dans la rue ?

Comme beaucoup, nous avons été surpris d’apprendre la fermeture de l’abri de nuit et nous prenons connaissance des raisons qui ont amené le Collège à prendre cette décision par voie de communiqué public. Ce qui est interpellant c’est que là où des communes ont mis en place des disposition d’accueil dans l’urgence, la commune de Mouscron se distingue en optant pour la fermeture d’une structure comme l’abri de nuit.

Dans votre déclaration à la population, vous dites :

« En ce qui concerne l’abri de nuit, sa configuration ne nous permet pas de garantir le respect des normes imposées pour éviter la contamination des hébergés et du personnel communal d’encadrement. ». Cela pose question car la Région wallonne a justement dégagé des fonds pour permettre ce service aux plus vulnérables. Sur proposition de la Ministre de l’Action sociale, Christie Morreale, le Gouvernement de Wallonie vient de marquer son accord sur la répartition de ce montant. Les 77 bénéficiaires de cette aide exceptionnelle recevront chacun, par mois, en plus de leurs subsides habituels :

  • 13.000 euros pour les Relais sociaux ;
  • Près de 4.500 euros pour les Abris de nuit : ;
  • Près de 4.500 euros pour les Maisons d’accueil et Maisons de vie communautaire.

Ces montants additionnels doivent permettre aux organisations sociales de faire face aux conséquences engendrées par la crise du Covid-19, et notamment d’acheter du matériel de protection, de la nourriture, d’engager du personnel complémentaire ou encore de remplacer des membres de l’équipe absents pour maladie, etc. Il nous semble donc que les conditions pour permettre un accueil digne et sécurisé peuvent être rencontrées aussi bien pour les bénéficiaires que pour le personnel.

 «Nous avons donc pris la décision de le fermer, après nous être assurés que les bénéficiaires habituels avaient pu, tous, trouver des solutions temporaires. » Comment pouvez-vous être aussi affirmatifs ?

 « Ces derniers bénéficient d’une distribution de pique-nique le midi et des douches et machines à lessiver sont mises gratuitement à leur disposition, sur simple demande ». Où ? Quand ? Cette information n’est pas claire. D’autres communes ont décidé de communiquer de manière beaucoup plus précise sur cet aspect élémentaire.

Par ailleurs, qu’adviendra-t-il des personnes sans-abri quand, par malheur, elles contracteront le virus ? Y aura-t-il une proposition commune des solutions de type structure de confinement pour les malades sans-abri?

Plusieurs villes ont pris très tôt des initiatives afin de venir en aide à ce public vulnérable comme la Ville de Charleroi et son CPAS par exemple qui ont réquisitionné trois bâtiments pour accueillir les sans-abri :

  • Un abri de nuit unique installé dans le hall sportif du Parc des Sports pourra accueillir jusque 60 personnes dans des conditions de sécurité et de distanciation sociale ;
  • Un espace de quarantaine pour les personnes sans-abri touchées par le Covid-19 ou suspectées de l’être a également été mis en place afin de limiter la propagation du virus tant parmi la population générale, que le public précaire et les travailleurs sociaux du réseau. L’espace composé d’une trentaine de chambres individuelles et sanitaires est installé dans l’ancienne Garenne ;
  • Une troisième structure d’accueil de jour est installée dans un hall sportif où les sans-abri auront la possibilité d’utiliser des toilettes, de prendre une douche et un café ».

En fermant l’abri de nuit, la ville de Mouscron fait de cette crise sanitaire, une injustice supplémentaire en faisant vivre une situation paradoxale et inhumaine aux personnes sans abri : pas de toit et interdiction d’être dans la rue.

Quelle politique communale de soutien aux personnes les plus vulnérables dans nos communes proposez-vous ?

Il me semble urgent de mettre en œuvre les mesures solidaires, qui font partie intégrante de nos valeurs et qui permettront aux plus vulnérables et aux personnes sans domicile fixe de traverser le confinement en sécurité et dans la dignité.

 

Fatima Ahallouch

Cheffe de groupe PS conseil communal

La réponse à cette interpellation est lisible ici: Réponse Interpellation F. Ahallouch 2020-04-07 covid abri nuit

Rappelons notamment ceci:

« A ce sujet, le 056/860.323 a été largement diffusé. Il est contactable 7 jours sur 7, de 08h00 à 20h00, pour tous, et en particulier pour les personnes ayant besoin d’une aide spécifique. Le numéro d’urgence 1718 mis en place au niveau régional pour les urgences sociales a lui aussi été relayé. Dans les prochains jours, nous insisterons encore sur ces coordonnées de contact, et la Ville de Mouscron assurera une communication ciblée sur les numéros utiles dans le contexte de la crise sanitaire qui nous occupe, sous tous ses volets. »

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