Mouscron : une ville anti-skate ?

Mouscron : une ville anti-skate ?

MOUSCRON | Lors du Conseil Communal de ce lundi 22 février, le groupe PS, via Fatima Ahallouch, a interpelé l’échevine des sports, Kathy Valcke, au sujet de la création d’un skate-park extérieur pour que les skateurs puissent vivre leur passion dans les meilleures conditions. La ville est à tout le monde. Chacun doit pouvoir y trouver sa place.  Où est celle des jeunes ?

Mouscron compte, parmi ses habitants, une communauté de 200 à 300 skateurs. Ils se retrouvent dans l’incapacité de pratiquer leur sport dans leur ville. Certains d’entre eux sont allés à la rencontre de Fatima Ahallouch, dans le but d’expliquer leur situation. Une situation qu’ils ne comprennent pas et qui les attriste.

Petit à petit, ces jeunes ont vu les possibilités de pratiquer leur sport s’amoindrir. Cela a commencé avec l’interdiction de « skater » dans les lieux publics tels que la grand-place. Ca s’est terminé par des contrôles de police avec amendes à la clé. Un adepte du skateboard a d’ailleurs témoigné à ce sujet dans le cadre de notre enquête Mouscron c’est nous ! « Que les policiers arrêtent de mettre bêtement des amendes au premier skateur qui se trouve sur le parking sous-terrain du Carrefour. » Ce parking sous-terrain auquel il est fait référence était, en effet, un des lieux privilégiés de ces adeptes de la planche. De plus, il semble que le directeur du magasin ait affirmé n’avoir jamais eu aucun souci avec ces jeunes gens, décrits comme des personnes polies et respectueuses. Il n’y a jamais eu aucune plainte ni de la part du personnel du magasin ni des clients. Au contraire, c’était une présence rassurante.

Où pratiquer le skate à Mouscron?

 « La totalité des lieux où se pratiquait le skate ont disparu.  Ou ils ont été aménagés de manière à les rendre impraticables. Citons pour exemple le Marius Staquet. S’il convient de ne pas abîmer le mobilier public, nous en convenons, quelles alternatives a-t-on mis en place pour ces dizaines de jeunes qui s’exprimait en centre-ville ? » a demandé Fatima Ahallouch au Conseil Communal. Ces interdictions, additionnées au fait que le Derlys soit un skate-park intérieur qui présente beaucoup de contraintes économiques et pratiques, font que la ville de Mouscron s’est vu qualifier de ville anti-skate.

Rappelons que les mesures sanitaires interdisent les activités intérieures pour les plus de 12 ans. De ce fait, il est devenu impossible de faire du skate à Mouscron pour les adolescents. Alors quelles solutions ?

Selon l’échevine des Sports, Kathy Valcke, non, Mouscron n’est pas une ville anti skate. L’espace du Derlys, à Herseaux, a le mérite d’exister, d’avoir été rénové, d’être à l’intérieur, chauffé et de ne pas causer de nuisances sonores. Elle reconnait cependant que la situation actuelle n’est pas idéale mais que des projets concrets sont à l’étude. La proposition du parc de Mouscron est d’ailleurs l’une des options à l’étude. L’ambition est de permettre un espace pour la glisse dans chaque entité de Mouscron. Voilà une bonne nouvelle. Les jeunes entendent bien la proposition mais espèrent qu’il s’agira de lieux de qualité, avec des modules adaptés.

On préfère aller à Tournai…

Il en effet dommage d’avoir un espace difficilement accessible, avec des horaires contraignants, et payant. Les différentes rencontres avec les jeunes concernés indiquent que, pour le même prix, les skateurs préfèrent continuer leur route et se rendre à Tournai, où ils peuvent effectuer leurs figures dans de bonnes conditions et quand ils le souhaitent.

Nombreux sont ceux à avoir profité de l’enquête Mouscron c’est nous ! pour réclamer un endroit convenable et accessible à tous : « Il faut de nouvelles infrastructures pour les jeunes : skate-park à proximité attendu depuis des années… Le derlys n’étant pas pratique d’accès pour les jeunes des autres quartiers. Je rêve d’une meilleure reconnaissance de tout ce qui est culture de la rue : le street-art, le skateboard, le BMX. »

Malgré tout, les skateurs mouscronnois se montrent prêts et disponibles pour faire en sorte que les choses changent. Là encore, il y a eu des propositions dans l’enquête Mouscron c’est nous !  « Ouvrir des skate-parks du style de celui de Tournai imaginé en concertation avec les skateurs mouscronnois. »

Un projet concerté pour le skate à Mouscron?

Fatima Ahallouch a donc proposé de créer un projet concerté avec les pratiquants et des entreprises spécialisées dans cette discipline. Une rencontre avec l’administrateur de la Maison de Jeunes La Ruche a également eu lieu pour discuter des problèmes que rencontrent ces jeunes et évoquer les solutions possibles.

Le but est de créer un endroit où la pratique du skate, mais aussi celle du BMX, des rollers et de la trottinette soit reine ! Un endroit où ce sport sera accessible à tous et sera déconstruit de tout préjugé. La culture urbaine et la diversité culturelle de ces groupes de passionnés, ainsi que les évènements et commerces spécifiques à un tel endroit consisteraient une réelle plus-value pour la ville.

La ville de Mouscron dispose de budgets importants pour renforcer la cohésion sociale et faire en sorte que chacun y trouve sa place. Il existe le plan de cohésion sociale, pas assez ambitieux pour les adolescents et jeunes adultes, et la politique des grandes villes. Un montant important de ce dernier subside vient d’être budgétisé pour l’installation d’une plaine de jeux pour enfants au parc. Mouscron se veut être une grande ville, elle en a l’ambition, qu’elle s’en donne les moyens ». Nous voulons que tous, jeunes et moins jeunes puissent habiter la ville, vivre la ville.

La Bourgmestre Brigitte Aubert s’est aussi montrée enthousiaste à ce que ce sport qui, rappelons-le, a fait son entrée au Jeux Olympiques, ait droit à sa propre structure. Le groupe socialiste restera donc attentif à ce que les bonnes intentions se transforment en actions.

 

 

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